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Honduras

Une personnalité et militante écologiste assassinée au Honduras

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« Son arme, c’était sa voix », témoignent ses proches. Berta Cáceres, militante écologiste et dirigeante du Conseil citoyen des organisations des peuples amérindiens du Honduras (Copinh) a été assassinée le 3 mars. Des inconnus l’ont abattue chez elle. La police hondurienne a immédiatement affirmé que l’assassinat avait été commis par des voleurs, mais la famille et les amis de la militante écologiste sont persuadés qu’elle a été tuée pour son combat. « C’est un crime politique du gouvernement », a déclaré Carlos H. Reyes, dirigeant du Front national de résistance populaire.

Lauréate 2015 du Prix Goldman pour l’environnement, Berta Cáceres s’était notamment fait connaître pour sa lutte contre l’usine hydroélectrique Agua Zarca au Honduras, qui menace de priver d’eau des centaines d’indigènes du peuple Lenca. « Le fait que notre Terre-Mère soit devenue un lieu où les droits fondamentaux sont systématiquement violés, implique que nous agissions. Construisons des sociétés capables de coexister de manière juste, digne et protégeant la vie », déclarait-elle à l’occasion de la remise de son prix.

Le Honduras, « pays le plus dangereux pour les militants écologistes »

En avril 2015, un rapport de Global Witness, ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles et la corruption politique, attirait l’attention sur le cas du Honduras. « C’est le pays le plus dangereux pour les militants écologistes, si l’on compare au nombre d’habitants », relevait l’ONG, recensant 101 victimes dans ce pays entre 2010 et 2014. Dans ce rapport, la militante Berta Cáceres apportait son témoignage sur le décès de trois de ses collègues depuis 2013, dans le cadre de la lutte contre l’usine hydroélectrique Agua Zarca.

Selon le Copinh, les dangers s’étaient accrus ces dernières semaines. Le 20 février, Berta Cáceres et d’autres participants à une marche contre l’usine s’étaient confrontés à l’armée, le maire de la municipalité et les employés de la compagnie. Une partie des manifestants avaient été menacés, relate le communiqué. La Commission inter-américaine des droits de l’homme avait demandé des mesures pour assurer la sécurité de Berta Cáceres. En vain. De nombreuses organisations de défense des droits humains et des peuples amérindiens, ainsi que des ONG et organisations paysannes du monde entier, demandent aux autorités honduriennes d’identifier les auteurs et commanditaires du crime afin de les juger (voir l’appel).

« Le gouvernement du Honduras doit également s’assurer que tous les militants menacés bénéficient d’une protection immédiate », a lancé David Gordon, le directeur exécutif des Goldman Prize. C’est notamment le cas de Gustavo Castro Soto, mexicain et membre de plusieurs organisations dont Les Amis de la Terre Mexique [1], qui a été blessé au cours de l’attaque. Ce qui en fait un témoin clé, donc potentiellement menacé, pour l’enquête en cours.

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