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Action sociale

Angers : de l’argent pour la vidéosurveillance, mais pas pour la protection de l’enfance

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Le Conseil général du Maine-et-Loire va-t-il abandonner ses citoyens les plus en difficulté ? Son président, le centriste Christian Gillet (UDI) a annoncé début décembre que le budget consacré à la prévention spécialisée baissera de moitié en 2015. Une coupe d’un million d’euros qui menace directement vingt postes, soit la moitié des effectifs dédiés à cette mission sociale. La prévention spécialisée ? Ce sont une trentaine d’éducateurs qui arpentent les rues des quartiers défavorisés d’Angers, de Cholet ou de Saumur. Ils vont à la rencontre des adolescents et de leurs familles là où les taux de chômage sont élevés, là où les jeunes peu ou pas diplômés sont nombreux.

« Nous sommes ici pour faire en sorte que ces familles aillent mieux », explique Florian Pontoire, éducateur spécialisé à Angers, et militant syndical à Sud Santé sociaux. Leur champ d’action est vaste, et ardu : repérer les ados en échec scolaire, accompagner des jeunes pour la recherche de leur premier stage professionnel, aider une famille « dont on sent qu’elle ne va pas bien » à souffler un peu, échanger avec les associations d’habitants, prévenir les conduites à risques pour éviter que des jeunes ne sombrent dans la délinquance… « Notre force, c’est notre proximité et notre disponibilité », confie l’éducateur.

Un million d’euros pour la vidéosurveillance

Cette immersion dans les quartiers défavorisés de l’Anjou dure depuis 40 ans, et est accomplie sous l’égide de l’Association pour la sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (Asea). Une longue histoire qui risque de s’interrompre brutalement. Au-delà de la drastique coupe budgétaire, l’élu centriste envisage de supprimer totalement cette action sociale « à l’horizon 2016-2017 ». Son courrier, envoyé un mois avant la fin de l’année, a pris de cours les municipalités du département, qui ne sont plus en mesure de combler la coupe budgétaire. « C’est un choix idéologique et politique », critique Florian Pontoire qui, aux côtés de la CGT, la CFDT et FO, était en grève ce 18 décembre. A l’appel de l’intersyndicale, environ 400 personnes ont manifesté à Angers contre « cette politique de destruction progressive de la protection de l’enfance ».

Triste symbole : la mairie UMP de la ville d’Angers souhaite investir un million d’euros pour l’installation de cent caméras de vidéosurveillance. « Cela en dit long sur les priorités de nos élus », soupire le militant de Sud. « Ce n’est pas une caméra qui va accompagner un jeune pour lui dégoter un stage ou lui trouver une place dans un foyer de jeunes travailleurs. Ce n’est pas une caméra qui va accompagner une adolescente qui tombe enceinte et est désorientée par sa grossesse… » L’actuel maire d’Angers, Christophe Béchu, avait déjà supprimé, lorsqu’il était président du Conseil général, la prévention spécialisée auprès des gens du voyage. C’est désormais au tour des habitants des quartiers sensibles. Qui seront les prochains ?

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