Sans-abris

Un lycée se mobilise pour ses élèves qui dorment dans la rue

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Comment suivre une scolarité sans encombre quand on dort dans une station de métro ? Sans-papiers, arrivés récemment en France, ils seraient entre 50 et 150 lycéens parisiens à appeler tous les soirs le 115, à s’abriter sous les ponts du métro ou à être hébergés dans les bureaux de la Fédération indépendante démocratique lycéenne (Fidl). Pour la plupart, ils sont laissés pour compte par les pouvoirs publics, et notamment l’Aide sociale à l’enfance de la municipalité de Paris. Cette dernière se fie à des tests osseux, jugés peu fiables, afin de déterminer leur âge. S’ils sont mineurs, ils peuvent avoir la chance d’être pris en charge. S’ils sont majeurs, à eux de se débrouiller...

« Nous avons été choqués d’apprendre que certains de nos élèves dorment dehors, explique à Basta ! Alex Adamopoulos, professeur d’anglais au lycée Guimard, dans le 19ème arrondissement de Paris. Il existe pourtant des dispositifs d’aide pour les jeunes majeurs, qui leur permettent de poursuivre sereinement leurs études jusqu’à ce qu’ils soient autonomes. Mais les pouvoirs publics se désengagent. » Ce lycée professionnel, qui forme notamment aux métiers du bâtiment, compte 500 élèves, dont 80 sans-papiers. Une permanence effectuée par des bénévoles permet d’aider les jeunes dans leur quotidien et dans leurs démarches pour obtenir un titre de séjour. C’est grâce à ces bénévoles que le personnel de l’établissement s’est rendu compte que huit de ses élèves, mineurs et majeurs, sont sans-abris. Un nombre qui semble augmenter d’année en année.

Un collectif a été créé dans le lycée. Il a interpellé par courrier la municipalité de Paris et le Conseil régional d’Île de France, le 12 décembre. Si les huit élèves n’ont pas un toit le samedi 3 janvier, le personnel débutera l’occupation du gymnase du lycée. Les jeunes pourront ainsi s’abriter, et le personnel du lycée se relaiera chaque soir pour garder les lieux. Pour le moment, le Conseil régional a répondu à l’ultimatum en proposant une rencontre, qui devrait se tenir avant les vacances de Noël. Le collectif appelle tous les établissements de France concernés à afficher eux aussi une banderole. « Nous affirmons avec force, déclare-t-il, qu’en France, tout lycéen quelle que soit son origine ou son extraction sociale, a le droit à une chance de construire son avenir, avec au minimum un abri et 3 repas par jour. »

Simon Gouin

A lire sur le sujet : l’article de l’Humanité

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