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A Bombay, le bidonville de Dharavi signe l’échec des politiques de développement

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Malgré une décennie de forte croissance, l’extrême pauvreté continue de définir l’Inde, signalant l’impasse des politiques de développement frileusement menées. À l’heure des élections législatives, plongée dans le plus grand bidonville d’Asie, 700.000 habitants et pratiquement aucun espoir de pouvoir en sortir.

La vieille femme est assise à même le sol poussiéreux. Devant elle, une douzaine de crabes gris et un panier de crevettes roses. Les crustacés sont constellés de mouches. Le soleil est à son zénith et le mercure dépasse les 35 degrés. L’odeur qui s’en dégage concurrence celle de la rigole d’eau croupissante remplie d’ordures et d’excréments qui serpente sur sa droite. Elle sourit doucement quand on lui demande si sa marchandise se vend bien et hausse les épaules avec l’air de dire : « Comme tous les jours, ni plus qu’hier, ni moins que demain. »

Cette vieille femme n’est même pas pêcheuse. Tous les matins, elle se rend en transports en commun au port de Bombay, achète quelques poissons ou crustacés auprès des bateaux qui reviennent du large, et retourne chez elle, à Dharavi, quinze kilomètres plus au nord, pour vendre ces produits de la mer à ses voisins de quartier avec une petite marge. Alors, si elle est là, jour après jour, semaine après semaine, c’est que les affaires ne marchent pas si mal. En tout cas suffisamment pour lui permettre de survivre.

À une époque, elle avait dû faire appel à une association de micro-crédit pour pouvoir emprunter l’argent nécessaire à l’achat de sa marchandise. 60 euros remboursables sur 21 semaines. Aujourd’hui, elle n’en a plus besoin et ses ventes de la journée lui permettent d’acheter les produits du lendemain matin. À son échelle, c’est une petite victoire.

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