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Agriculture

23 enfants intoxiqués par des pesticides à proximité de leur école

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L’épandage de produits phytosanitaires sur un vignoble a provoqué l’intoxication de 23 élèves et leur institutrice, dans le nord de la Gironde. C’est ce qu’a confirmé le préfet d’Aquitaine, Michel Delpuech. A demi-mots, le représentant de l’État reconnait, dans un communiqué de presse [1], que les symptômes développés par les élèves correspondent aux effets collatéraux des traitements fongicides utilisés par un vigneron à proximité de l’établissement scolaire.

L’incident s’est produit lundi 5 mai, dans la commune de Villeneuve, située au cœur du vignoble bordelais, le long de l’estuaire de la Gironde. Depuis le matin, des exploitants traitent leurs vignes à l’aide de produits phytopharmaceutiques, probablement contre l’oïdium et le mildiou, des maladies de la vigne dues à des champignons et parasites. Comme le rapporte le journal local Sud-Ouest [2], les premiers symptômes sont apparus en fin de matinée et ont perduré toute la journée. Toux, douleurs dans la gorge, picotement de la langue, irritations des yeux, nausées et mal de tête. Une institutrice sera hospitalisée suite à un malaise, alors que certains enfants restent chez eux, malades, deux jours durant. Ils pourront finalement retrouver le chemin de l’école le vendredi, comme l’indique Pierre Kessas, l’inspecteur d’académie. Soit quatre jours après la pulvérisation.

Recensement des sites sensibles

Saisies immédiatement à la suite de cet incident, la Direction régionale de l’alimentation, l’agriculture et de la forêt (Draaf) et l’Agence régionale de santé ont cherché à déterminer les causes exactes de l’intoxication. Sans surprise, les conclusions pointent du doigt les traitements effectués à proximité de l’école. Le préfet Michel Delpuech précise que les produits employés sont tous autorisés en France, mais reconnaît, qu’à priori, « l’épandage des produits à proximité de l’école s’est déroulé dans des conditions inappropriées sans qu’aient été prises toutes les précautions pour le voisinage. » Les services de l’État prévoit de rappeler avec « fermeté ces règles aux exploitants du voisinage de l’école. »

Ce cas soulève la question des « sites sensibles » situés au cœur des vignobles girondins : écoles, maisons de retraite, lieux publics… La préfecture prévoit un recensement des installations qui seraient concernées. Une campagne de sensibilisation sur les conditions de « bon » emploi des produits et des pulvérisateurs, pour limiter les risques de dispersion, sera menée auprès des agriculteurs et viticulteurs. Les autorités préfectorales souhaitent également mettre en place des mesures de prévention : haies brise-vent, barrières de protection, adaptation des horaires de traitement… A Villeneuve, l’école primaire est complètement encerclée de vignes. On imagine difficilement comment limiter l’impact des produits sauf à traiter la nuit, les week-ends ou lors des vacances scolaires.

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